Relations Invisibles

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Décembre 2001 RELATIONS INVISIBLES
Projet: Création d'une peinture monumentale et interactive avec les détenus de la Maison d'Arrêt de Mulhouse. Une oeuvre à plusieurs mains qui a pour projet, par le biais de la réalisation plastique, de tisser des liens invisibles entre les détenus -des trois bâtiments séparés entre eux, où les populations carcérales différenciées ne se rencontrent jamais, (les femmes, les droits conmuns, les courtes peines)
L'interactivité:
Un jeu abstrait et interactif commun aux trois unités carcérales, un projet séparé dans la durée de son exécution (une semaine par site, et à tour de rôle); une surface où les expérimentations se croisent sans se rencontrer. Le jeu consistant à relier les expériences, à imaginer ce que fait l'autre, ce qu'il pourrait faire. Chaque trace ou signe suggère aussi bien une présence qu'une absence de l'autre; une attente. Pour cela, un rouleau de toile semi-rigide et grossière de lin apprêtée, d'une dimension de 10 x 1,80 mètres, que l'on peut rouler, dérouler, à volonté sur le sol (le travail se fait à plat, et sur le sol), permet des allers et retours sur la surface en se jouant de la présence et absence de motifs peints. (voir fig.l)
Ces mouvements laissent le joueur (le participant) et sa perplexité libre de marquer son territoire plastique, ou, de s'insinuer dans un autre en reliant ou non les couleurs, libre de superposer les traces tout en recherchant une cohésion à l'oeuvre entière.

L'ACTIVITE, Le travail abstrait: La participation personnelle et volontaire de chacun des détenus tient compte à la fois du travail supposé ou déjà réalisé par les autres. Des relations et événements plastiques fortuits se produisent sur le support par 1' accumulation de touches, d'arabesques, des passages dans la couleur. Les traces , signes conséquent du maniement malaisé de pinceaux larges et rallonges, imbibés de peinture acryl épaisse et séchant vite, vise l'appropriation par chacun des participants de l'outil peinture: outre la découverte d'un nouvel espace physique et mental, la recherche plus prosaïque de la cohésion entre la matière, la couleur, la lumière (la matière-couleur-lumière); avec la prise de conscience des relations et combinaisons possibles entre la tache, la ligne, les couleurs, (voir fig. 2 et 3)
L'activité qui s'inscrit dans la durée (une semaine de travail par participant) laisse envisageable la pratique approfondie d'un travail abstrait. Une abstraction facilité car l'idée du motif et la contrainte du dessin s'évacuent par la position de travail (la posture debout) et par l'utilisation d'outils imprécis (des pinceaux larges du n°18,20,22,24; rallonges par une baguette), libérant le désir inmédiat d'art, les possibles du participant-joueur.
Une activité où les expérimentations sur la surface à peindre, à même le sol, sont une incitation à l'art conme langage poétique commun, une émanation inconsciente de tous.Une production commune, la projection du dessin des contours de la vie -un peu- de tous les participants; pour un résultat imprévisible.
Note: La prestation de l'artiste, présent en permanence sur place, consiste à rouler et dérouler la toile de lin afin de cacher ou dévoiler une partie du travail déjà réalisé, pour laisser place à de l'interrogation et inciter à explorer la surface, à faire le choix des couleurs; le tout sans précisions techniques ou dirigisme excessifs.


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Des relations invisibles
Léonard de Vinci incite l'artiste à découvrir des sujets au hasard des tachée révélées sur les murs, l'inspiration étant associée à la spontanéité et aux méthodes de transformation en donnée visuelle de l'expérience ressentie. Pour Pollock, le principal problème consiste à découvrir la nature de son véritable sujet. Et puisque la peinture est le médiun de la pensée, la solution doit venir de l'acte de peindre. Sans se rendre compte de ce qu'il fait, il fait, voit ce qu'il a fait, transforme, n'a pas peur de détruire l'image; " parce que la peinture possède une vie propre. J'essaye de la laisser transparaître " La peinture douée d'une vie propre, laquelle transparaît via le maniement des matériaux par de multiples mains, laisse envisager une rencontre d'expériences ressenties. Une combinaison aléatoire d'énergies et intensités plastiques disparates se cognant, le spectre de la somme de visions fugaces et de moments de vérités apparaît comme une oeuvre imprévisible, le symbole des liens invisibles tissés (des relations) entre les détenus séparés par leur histoire, par leur cellule, leur unité carcérale. L'exposition Le rouleau de toile -1'oeuvre synergétique- et sa somme de secrets révélés sur la surface intérieure pourra s'exposer à tour de rôle dans les trois unités carcérales. Déroulée progressivement, il dévoile son contenu dans un premier temps à peine entrouvert, dans un deuxième temps aux deux tiers. L'oeuvre, jeu dialectique de l'absence et de la présence, est à considérer comme une initiation au désir de découvrir l'autre. Une exposition hors les murs de la prison, le rouleau entrouvert de quelques centimètres, conclurait cette expérience artistique. GLUSAK 2002


La C.I.A

LE PROJET:
Création de La C.I.A; Cellule d'Intervention Arts plastiques, dans le cadre du " Festival de Théâtre de rue " 2001 a Mulhouse.
LA C.I.A:
La C.I.A est une unité cellulaire autonome, installée à même le sol, à l'usage de la pratique des arts plastiques Une unité-cellule type reproductible, un atelier interactif accueillant l'expérimentation et destiné à un public aussi bien jeune qu'adulte qui participe activement au projet proposé; en l'occurrence de la peinture.
La C.I.A se compose de 8 éléments de barrière grillagée standard de 200 x 345 cm assemblés sommairement en une structure de 345 x 680 cm qui tient lieu d'atelier de création autonome. Une cellule avec trois parois, un lieu accueillant et à la fois ouvert aux regards des promeneurs environnants, une structure grillagée qui se joue de la transparence, du dehors, du dedans du lieu de création. Outre les éléments grillagés qui font office de murs et de plafond, l'unité de création comprend un w.c et un lavabo: symbole clé de son autonomie. Note : le w.c, le lavabo, sont placés symboliquement; non reliés à la voirie.
L'ACTIVITE ARTISTIQUE:
Contre les parois grillagées, et du bas en haut, on fixe 5 postes de travail, éléments en plastique translucide, de type bâche de chantier, qui serviront de supports à peindre d'environ 120 x 200 cm, ainsi que de réceptacle au matériel de peinture (couleur, pinceaux) en en prolongeant le bas; ce qui évite toute projection sur le sol. Ce qui est proposé au spectateur du " Festival de Théâtre de rue ", c'est d'habiller des corps avec des touches de couleurs clés des silhouettes humaines pré-dessinées sur le support plastique. En somme, créer une peau en couleur.
PEINDRE LE CORPS:
La C.I.A. atelier d'art interactif, lieu d'expression communautaire, parle de nous tous et à pour projet plastique une définition globale du corps humain, " le corps monde ", avec sa texture, sa couleur-lumière. Les traces de pinceaux et ajouts de matière colorée déposée par de nombreuse mains contribuent à rendre tangible la matérialisation du projet. Le corps dans tous ses états, est soumis aux caprices des touches multiples et colorées des divers participants, qu'il soient enfants ou adultes de tout horizon social. Il reste insoumis dans la définition précise de sa forme -voir de son sexe- sa couleur de peau, son caractère. Un corps à la nature insaisissable, éclaté et multiple, disparate, -inter-racial-, marqué par la différence des interventions. Dans ce sens il est corps reconstitué par toute la communauté, par nous tous , le " corps-monde ".
LE SPECTACLE:
La C.I.A un lieu au cœur du festival de théâtre de rue, une expérience précaire de l'art dans laquelle le travail s'inscrit hors des contraintes d'un atelier de peintre fermé et en dur ; en en modifiant le code architecturale. Une cage dont on aurait bannis les écrous, une cellule grillagée ouverte sur un côté, sans entrée ou sortie Une structure grillagée et son activité transparente qui joue du dedans, du dehors du site. Un lieu-site "Smithsonnien" où la perception se dérobe, avec ses cinq silhouettes humaines à l'échelle -à peindre sur la bâche translucide- et son activité qui se déroule -le travail en train de se faire- qui se perçoivent inversés de l'extérieur et en tous points; en provoquant un effet clé miroir sur le passant, le spectateur. De plus, le même spectateur peut à tout moment, devenir utilisateur de l'installation, et vis versa : de spectateur, il devient acteur.
La C.I.A . un spectacle du festival de théâtre de rue. où la cellule, tout en procurant au spectateur la sensation de contempler les participants de l'expérience derrière le grillage, l'entraîne dans un processus d'identification et apparaît comme " un piège de la perception et de l'imagination ", avec la conscience de la réversibilité du processus par sa participation active.


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Désirs d'Art

Désir d'Art 460 x 200 cm, réalisation 2000)
Projet: Une surface à peindre , avec des couleurs projetées par des flèches tirées à partir d'arcs et appliquées à l'aide de perches de bois imbibées de peinture.
Un jeu abstrait, interactif, avec la participation des spectateurs du " festival de théâtre de rue" qui sont invités à projeter, superposer, effacer, éparpiller, à lancer les couleurs et, inscrire, tracer, siqner, souliqner, lacérer , à dessiner la surface. Une incitation à l'art contre langage poétique ccmun -l'émanation inconsciente de tous- , une abstraction où l'idée du motif et la contrainte du dessin s'évacues par l'utilisation d'outils imprécis - les flèches tirées par des arcs improvisés et les perches d'environ deux mètres - libérant le désir immédiat d'art, le possible des joueurs. Le joueur qui pourrait s'identifier à l'éléphant peignant avec sa trompe ou au singe artiste qui " ne dessine(ent) les contours de rien, si ce n'est, pour ainsi dire, ceux de la vie elle-même " pour reprendre l'observation de Michel Field sur la ligne abstraite de J.Pollock.
Une production comnune au dessin magique des contours de la vie -un peu- de tous les participants, pour un résultat imprévisible.


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Des Douleurs

DES DOULEURS (ATELIER) : un projet présenté, qui n'a pas abouti à une réalisation concrète.
PROJET:
Création d'un lieu, d'un atelier interactif d'arts plastiques centré sur la recherche et l'identification géographique de la douleur sur le corps, son étendue et son intensité, dans un cadre hospitalier.
LE CORPS, LIEU DE DOULEUR.
A partir de postures de la douleur dans l'histoire de l'art (Masaccio, Lippi, Bronzino, Van Dyck, Picasso) et d'une représentation animale préalablement traduites en silhouettes sur des panneaux de bois grands formats et à l'échelle humaine, les participants -malades, personnels, visiteurs de tous les âges- sont invités à intervenir directement et par des moyens plastiques sur les corps et leur périphérie; pour désigner et la géographie -l'étendue- et l'expression -l'intensité- de la douleur. Un jeu interactif -à partir des silhouettes pré-dessinées par nos soins- où les participants devenus acteurs peuvent, soit inscrire, colorier, piquer, clouer, lacérer, effacer, signer le lieu de la douleur. Le joueur utilise pour la réalisation des outils et ustensiles simples et imprécis tels marteaux et clous, pinceaux larges et brosses, tampons de mousse et gros crayons noir pour évacuer l'idée du motif et la contrainte du dessin, pour libérer son désir immédiat d'art; ses possibles.
L'INTERACTION.
Le "transfert" de la mémoire de la douleur ressentie -ou l'idée que l'on s'en fait-sur le médium par tous les participants se perçoit comme un acte physique global, une oeuvre à l'énergie positive, au contours imprévisibles; comme un langage poétique de la douleur. Un lieu, L'ATELIER DES DOULEURS, place le public au coeur de l'oeuvre. Une expérience interactive qui enveloppe et implique considérablement le spectateur et l'encourage à créer ses propres narrations et associations à partir du support pré-installé en intervenant physiquement sur les silhouettes dessinées.
Une nouvelle forme d'expérience plastique installée dans la durée, où le spectateur devient participant essentiel et actif; un utilisateur. Un art dynamique qui participe à diminuer la distance qui sépare l'art classique et l'artiste du spectateur et facilitant l'expérience artistique


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NOTES TECHNIQUE:
L'ATELIER, UN LIEU : l'atelier est un lieu qui englobe le spectateur, encourage sa participation. Un lieu unique qui s'inscrit dans le cadre hospitalier et se composant d'une structure autonome canne la création d'un pavillon -par exemple une tente en plein air, nous pensons à un hôpital de campagne- , ou d'une aile (d'une grande pièce de 50M2) d'un service hospitalier qui serait signalé de la même façon que tout autre service (parcours fléchés indication de la spécialité ect..)
LES DOULEURS (l'atelier) : on y trouve des panneaux de bois (8 à 10) de tailles différentes selon les postures de la douleur choisies ; de environ 2 à 3 M2, disposés à même le sol et protégés par du film plastique, le long des parois de la tente ou des murs d'un local. Au centre de l'atelier on disposera une grande table de 4 à 5 mètres qui servira de porte-outils et ustensiles divers servant à la réalisation du "transfert de la douleur" permettant le libre accès pour les participants aux différentes possibilités techniques. Un choix technique pour chaque participant parmis les couleurs, les pinceaux, les brosses, des éponges, des gros crayons, des doux avec marteau, du papier et de la colle à disposition sur la table; à chacun de découvrir le moyen de projeter sa "douleur".
On peut disposer quelques chaises pour le repos, mais l'idée est de focaliser le regard du spectateur sur les surfaces à explorer plastiquement et sur la "table opératoire" qui incite à la réalisation, à égale distance (3 mètres) de toutes les postures esquissées en silhouettes, facilitant la déambulation; privilégiant l'action.
UNE EXPERIENCE ARTISTIQUE DANS LA DUREE
L'oeuvre n'est pas maîtrisée totalement par l'artiste présent en permanence sur place qui dialogue avec l'utilisateur, l'incitant à explorer les techniques sur les surfaces / lieux d'interventions/ sans intervenir directement et conseiller trop précisément.
L'atelier DES DOULEURS, une activité commune, s'étale dans le temps: une semaine à quinze jours. Une représentation qui rend compte de la transaction provoquée par la participation -une oeuvre conçue précisément dans cet esprit-, laisse libre cours au potentiel créatif de chaque participant devenu actif et utilisateur, qui doit pouvoir s'exprimer dans la durée (prendre le temps de la réflexion et pour la réalisation, réviser, "re-visiter" son travail); la qualité de l'intervention, et le potentiel interactif entre les éléments de l'expérience (le lieu, les postures, les spectateurs agissant) en dépendent.
RAMIFICATIONS: Le travail achevé, l'ensemble des panneaux de bois -chacun étant autonome- peut être assemblé en vue d'une exposition ultérieure. La possibilité aussi -avant et au cours de l'expérience plastique- de faire intervenir un spécialiste de la douleur. C.GLUSAK 2000