" Matière Grise "

Trace de toi
Il y a ce paradoxe à vivre et passer dans les lieux où se joue le dessein de la communauté toute entière et celui d'y déposer la marque, l'empreinte de nos intimités propres. Le lieu de passage, l'espace public rend la rencontre improbable, percevoir l'autre y est interdit; la photographie peut alors redéfinir les choses humaines en relevant la trace, le signe, la marque porteuses de dans ces lieux de l'activité réalisée. (Béatrice B.)

MTG 1    42 x 29,7 cm MTG 2    42 x 29,7 cm MTG 4    42 x 29,7 cm MTG 5    42 x 29,7 cm MTG 6    42 x 29,7 cm MTG 7    42 x 29,7 cm MTG 8    42 x 29,7 cm MTG 9    42 x 29,7 cm MTG 10    42 x 29,7 cm MTG 11    42 x 29,7 cm MTG 12    40 x 32 cm MTG 13    42 x 29,7 cm MTG 14 (Vierge à l'ascenxeur) 42 x 29,7 cm MTG 15    48 x 32 cm MTG 16    42 x 29,7 cm MTG 17    45 x 30 cm MTG 18    45 x 30 cm                            

Matière Grise , 2009/2011. Photographies originales, tirages sur papier brillant, numérotés 1 A 25 (25 épreuves par photographie) Visuel à: Galerie Courant d'Art, Mulhouse: www.courantdart.fr

“ il regarda le sol de ciment gris . Il y avait des taches, des crevasses, des boursoufflures et des endroits où le ciment apparaissait à travers la peinture et n'était que d'un ton de gris à peine différent. Combien y a-t-il de teintes de gris? Tous les foutues gris du monde semblaient rassemblés dans cette putain de cellule . Foutus murs gris, foutu plafond gris avec des crevasses qui descendaient le long du mur et dans le foutu sol gris. ” Hubert Selby " La Geole".

“ La brûlure du soleil gagnait mes joux et j'ai senti des gouttes de sueur s'amasser dans mes sourcils. C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme alors, le frond surtout ma faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant,... La lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante qui m'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes soucils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voil tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front...” ALbert Camus, " L'étranger ".